Notebooks

Moleskine cover

 

Moleskine Erebus

(…) Une volière pleine qui mit à mal le maillage des injonctions. Injonctions d’être l’alpha, le Verbe des yeux, le hoquet de joie en soupe épaisse, un entonnoir placé en bouche. Mange. Cette joie là ne fait pas de mal. Tu dois te joindre à notre salut. Amicalement nous te conseillons d’obéir. Tu sais que notre joie assoupit. Plus besoin de volière, la cage vous prie d’accepter ses bras thoraciques. Incarné le cœur sera enserré. (…) Si ce qui est pérenne est vrai, alors cheveux et os surpassent cœur et cervelle. S’en va ce qui fut vivant en nous, timidement, en pluie rassurante. Les os solaires, une musique. Celle d’un corps qui fut habité. (…)

 

Moleskine blind

La matinée du bloc de glace à visage de femme-torche, dans le noyau d’une floraison. (…) Salamandre autour de mon corps. 8° loin sous le soleil, un lit dans l’arbre-nuit, une lumière dorée d’Août. J’ai mal à mes rêves et les pieds gelés.
 Je voudrais plier les clous du réel comme une tige de poacée. Un âtre de calme et le bois qui rougeoie, gargouille, expire, devient toi. Et tu te mets à remplir tout l’espace, et tu deviens un gigantesque soleil. [CATHARSIS DE L’AVEUGLE QUI VOIT À L’ENVERS – HIER/DEMAIN]

 

Moleskine Red Dog

Handsewn childhood photograph of a family dog, pieces of La Guerre de Troie n’aura pas lieu by Jean Giraudoux, favourite words, scarlet watercolor ink.

 

Moleskine Map

Mental Map
Pieces of ‘The Tempest’ by William Shakespeare

L’écriant / Les criants
Les visions limitrophes
Les visions du dessous du lac
La nova / la chose noire
Les fondations de conscience du monde humain d’os

La lumière d’une fracture interne tarit
Une île plate, inerte
Éreintée, l’éternité reine pulsait
Le serpent-lanterne
La marche dans le monde en feu

 

Moleskine polaroïd

Notes with polaroïd showing a black hidden woman face only visible under specific light
Dissected pages of ‘The Steppe’ by Anton Chekhov

 

Les forges enfumées, puis le cimetière intime entouré d’une clôture de cerisiers, se mêlaient en une mer de blancheur et de points rouge sang. Derrière la clôture, le père. Nuit et jour. Sur ses yeux fermés, semés de graines de fumée bistre, les grandes ombres rampaient. Des toits de poussière rouge commençaient, son visage fondit en lumière et ténèbres, les ronces moissonnées fuyaient au-dessus de la steppe. L’air docile se pétrifiait. (…) Une plaine de tête s’étendait, on ne distinguait pas où elle finissait. Le soleil, au travail au point de rencontre du ciel et de la terre, glissa, s’alluma, et envahit le dos. (…)

 

Moleskine Contemplations

Dissected pieces of ‘Les Contemplations’ by Victor Hugo, pages of the Nelson édition, 1938

 

Un fol esprit
sourit avec l’aigle,
fait ses sillons.
Le firmament,
muraille où vient battre
le flot de l’être,
gonflant ses vagues
de rayons.
Le muet Infini.
Une grande marée.
Nous brûlons les papillons,
nous croyant éclairés.
Le feu follet,
être et essence
du ciel profond,
captive dans l’ombre
le ver luisant.

 

Ma terre embaumée
d’où l’amour ruisselle
allume l’astre et la fleur.
Veux-tu, dans la solitude,
Nous mettre à nous adorer ?
[abriter l’oiseau dans nos âmes].
Des soifs inassouvies
il compte les nœuds ;
ses fantômes derrière lui,
il se dit :
Mourir c’est connaître l’issue.
J’étais, je suis et je dois être.
L’ombre est une échelle. Montons.

Un astre, va loin.
Le tombeau ouvre le firmament,
est le commencement,
la nuit étoilée aux racines de mes cheveux
se souvenant de son humanité,
l’extase au vol rayonnant, aux pieds d’or.
La rondeur farouche
de ses océans verts,
atome obscur,
l’inconsolable douleur
de la fleur qu’illuminait ta douceur.

 

Moleskine Tiger

Ils ont clôturé les tigres;
les beaux crocs, rouges griffes.
Ils ont clôturé les tigres;
noué le serpent de queue.
Mais dans les hautes herbes
— et rayures et rauque
râle au soir —
l’œil d’or ne se refermera

pas.