THE ANIMAL BRIDE

THE ANIMAL BRIDE is an exploration of liminality and therianthropy.
The lines between woman and beast are blurred, the figure of the Potnia Theron arises.
It is also a poem about the perception of shelter, refuge, and safety.

 

Be loved, Beloved. Be-wolved.

 

La nuit entière
est un vaste écho de ventre
de bête ;
je demande l’asile aux chiens,
aux chiens,
couchée dans le son.

 

1.

 

NATIVE TONGUE

Moorland radiates inside the mouth, tastes of bears on hoarfrost berries, pine arrows, purling heather and lichen temples. Splendidly unsaid, wolves build refuges in mossy mysteries. My silent sunrise: a landscape of gestures.

 

woman forest fog

woman forest fog

2.

 

La chatte noire, perchée sur le buste, se soulève au rythme du souffle. Je t’aime, murmure la femme. Je t’aime. L’ombre douce étend lente patte, caresse des coussinets cette luisante bouche de cœur. Je t’aime. Seconde patte, même rituel. Elle semble cueillir et emporter les mots dans son corps de chat, émerveillée. Et ses yeux d’or antiques s’abritent dans un commun poème.

 

animal burrow forest moss

3.

 

La créature est ancienne. Sous ses doigts s’arriment les siècles.

Elle vit dans l’eau.
Elle vit sous les pierres.
Elle vit dans les troncs.
Et puis elle chasse.

Elle observe la nuit oublier son jour, écoute l’âme sans soustraire sa valeur. Le juste sertit son paysage et, d’enjambée en enjambée, elle plie qui heurte l’oiseau. Le temps oublie d’arpenter la solennité de son herbe.

 

hands 1

baby alpaca

hands 2

4.

 

La vaste nuit se silence d’amour ce qui blesse et lave au goût sans nous et pourtant se voit d’astre en arène l’art nu de gestes tu sais sans rien le monde se fait de sol en cieux d’artères j’en oublie voix la mort se fête qui donne l’amour et voyage sans temps ni sourde flamme car tout sait de nous l’énigme rare et flèche en serment tu oublies l’essence d’un bonheur sans chute qui choisit en pas de jours et fuis d’oraison juste en ombres au sol qui jamais ne mentent et les nuits grosses sur l’âme de fond s’irriguent d’yeux pour nous seuls qui sommes en ventres et sans nom.

 

x-ray cat hand

5.

 

burrow rock

 

Être humain, c’est quelquefois savoir bien escalader un rocher. Savoir s’asseoir avec grâce, infiniment petit, et n’être rien pendant que s’activent myriapodes et mouches chromées. L’âme, ainsi brassée par flux et reflux, s’étend naturellement au point de ne vouloir gêner pierre. Être vivant avec délicatesse requiert l’exercice d’une consciente vulnérabilité : sentir sous la paume la chaleur gardée d’une roche encore solaire, voir trembler le petit peuple enchevêtré de bruyère et de myrtilles, saisir le vol étrangement stationnaire de quelqu’oiseau des hauteurs, percevoir les variations violacées du sous-sol d’un coucher de soleil. Sous la peau d’eau, une peinture claire : l’interface du corps, traversé, frôlé, imprégné, interroge l’existant et ses limites propres.

 

burrow full moon

6.

 

In my heart, a pod

of sleeping cachalots.

Like menhirs, 

conquering time itself,

by quietly being.

 

River golden sun snow

7.

 

Voix silencieuse, tempête indicible
du soleil naissant au bord des ruisseaux.

 

Les nuages passent dans l’âme des crépuscules, accroupis au soleil, puis, une insondable obscurité, un peu avant le jour, lustre l’autel qui unit les primitifs — et la vie même — au bruissement de la forêt. Le paysage luit : la grâce se venge soigneusement de son ardeur, fait s’incliner ses cuisses éclatantes, tardives dans un ciel pur. Les montagnes, par leurs propres forces, calmes et riches de la majesté, les animeront du souffle : le son que fait une vague sur fond d’or. Un énorme lion, sur son île, considère la vie, y entre avec feu. La verdure, en infinité comme dans un miroir, de l’oiseau garde l’éclair et la mélodie.

 

forest sun

8.

 

HOME

lantern flame and midsummer dark moon

the woman removes her bones and moths

like flowers in the night tree

of her new paws

translate eternity in the wound

and none of them is an ambush

 

animal bride

potnia theron moths forest

9.

 

PROGÉNITURE

J’ai déposé vaste essaim d’os sur la mousse en forêt moite, 

à la croisée de ruisseaux où bêtes se comblent. 

Aujourd’hui, il n’en restait plus que deux,

rongés par la beauté.

J’en scintille.

 

forest moss path

10.

 

La paix sonore d’un 
été
étonnamment noir

me panse le sommeil





le silence des étoiles

devient silence de bouche

j’ai pensé l’homme

qui saurait déchiffrer 

mais pauvre écoute condamne

aux mots

puis blâme

les mots



alors je donne les mots en terre

des pétrins sous étoiles

les mots se dorment

en racine



leur fuite

dans le sol par ma bouche

d’une forêt vivante 
et d’aorte en silence


la bouche s’enterre

la bouche se repose les racines
des terriers

pleins à craquer de bêtes
endormies malaxées repues



des étoiles

toute la beauté veille sur nous

dans cette forêt

toute la beauté 



nous aime



nous autres,

les endormis de terriers

au silence

plein d’écoute,



notre âme attentive

à la nuit noire

s’allonge au sol

pour échapper



aux sourds aux silences.

 

Deer kiss 1

Deer kiss 2

 

L’OISEAU A TÊTE DE FEMME
Floraison de consciences élémentaires,
aspirations lacustres et anatomie d’une juste valeur

Les figures d’animaux : immenses chairs aux manifestations magiques.

Les humains : enveloppés, étroits, cernés de pattes.

 

tree shelter

11.

 

*

 

All photographs are available as limited edition museum quality prints to collectors.

1. Where The Wolf Has Been Seen, 2015
2. Spider Confusion (Root Hands), 2013
3. Untitled, 2015
4. Silent Truth. Triptych (horizontal), 2017
5. Soulmates (Sheltering My Wounded Feline’s Heart), 2018
6. Sleeping animal head megalith over the burrow in which I slept; view from inside the burrow. Wolf territory, night of the Full Moon, June 9, 2017
7. Sun Worshippers, 2016
8. The Home Of Our Kin, 2015
9. Potnia Theron, 2017 – Photograph taken where I offer bones to foxes, at midnight during the Penumbral Lunar Eclipse on September 16, 2016. Artwork finished the day of the Spring Equinox, March 20, 2017. The moths have been collected for a year in my eagle nest in the woods after a natural death.
10. Alone In Wolf Territory, 2016
11. Discreet shelter in which I slept; winter night in the forest amongst beasts, 2017