STRIX NEBULOSA

I was born with a gift from nature. Feeling a sisterhood of kinship with autists and savants, I have also been diagnosed neurodivergent, at the extreme margin of the mental spectrum, and belong to the high-functioning mental minorities. My atypical neural network and brain influence my cognitive processes and perceptions, my social interactions and emotional sensitivity. Taking a proactive approach of radical self-acceptance, I seek to consciously translate the rare and complex experience of my senses into a visual language. STRIX NEBULOSA is a meditation on a graceful sense of intimacy with photons, a dialogue with the landscapes I am living in, and a synesthetic ode to two fleeting feelings. One, of a deep violet, full of whispers and mysteries, blossoming under moonlight and during stormy weather; it is the nest of animal instincts, staring at us, untamed and absolute. The other, resembling a golden sun in the chest, will painlessly tear your ribcage apart; it is a glorious, burning love that seems to turn bodies into light. We become whole when we experience both of these feelings.

 

Mountain violet tree forest

 

Les mûres sauvages
posées devant les flammes bleues
à l’heure de lune
— Silence —
Ils sont tous tapis à l’orée du bois,
ils respirent vers nous.
J’ai mal à l’animal
et aimerais savoir si peau cache fourrure :
pose ta joue contre la mienne.

 

Animal tracks

 

Violet horse night

 

Je suis une idiote qui fouit. Je suis une idiote de couleur jaune. Qui glatit, vrombit, rée, feule, grince, gronde, hue, gémit, pleure, grogne, ronronne, rugit. Les théories assèchent ma bouche autant que mes nerfs.

 

Wild woman on rock

 

Sois le vent,

trace les lignes

en cendres de falaises,
affleurements brillants

du noyau d’un amour

exigeant.

 

Winter cabin

 

Les étoiles, ce sont les aînés pris de vertiges et buvants au goulot de l’Ombre. Éteignez le visage et allumez la rétine: entassez le crépuscule et le cœur sur la figure — la nuit parle mieux — et le brouillard de novembre tourbillonne, frotte les joues magnifiques de son rire.

 

Violet man in fog

 

Les glissements météoritiques des premiers rayons font chanceler l’Alpha du jour. Il vagabonde en promeneur sans corps, tremble sur la ligne de rupture. La suave lumière tamise le moment décisif où la clairvoyance du feu, la défaite d’une nuit de plus, adoucit le macérât des écritures de mélancolie. L’édifice-brasier roule sur le récif des yeux, s’abat sans vacarme, triomphante brisure d’univers sur la lame ordonnée des cils. La frénésie agile de la couronne, spasmes et capitulations d’énigmes, congédie le bassin noir des spectres en fuite.

 

Sunny woman

 

Moss in forest

 

Les serres fermes sur la branche froide; la lumière violette d’une nuit qui s’étiole. Globe oculaire — rose de viande tâtant les ombres — l’oiseau du matin de brume sourit — presque — et expire un son, un son, un son, qui plie la distance entre mes peurs et le noyau juteux du cœur. En face sur le frêne, le double à plumes enveloppé dans le ramage du silence, regarde. De son bec entrouvert suinte la poésie, malgré lui. Salive rubis, le poème de l’oiseau Silence élève le soleil.

 

Violet mountain forest fog

 

L’axe de la torpeur ignore le crépuscule rassasié et le culte vermeil du couchant d’été s’empare des yeux mi-clos. Noyau fauve, léthargie bourdonnante, enchantement clairsemé dans mes os entêtés. Porte l’émeraude au front, que vois-tu ? Ce monde à présent vert apporte-t-il la paix ?

 

Caravaggio

 

La fille descend vers le fond — pupilles de givre, dents qui scient — les bras levés vers l’aurore et les pieds tendus comme en pointe, accusant le gouffre de n’être que noir et granit. La vallée, de nuit, peint les poumons en froid et d’horizon l’intérieur de la tête. Plantée au sommet en habits de chute, l’idiote des chaumes, aimée du bleu.

 

Violet mountain winter fog light

 

Le monde m’a égarée au bord de quelque chose;
il y a une population sauvage qui marche sur le lac,
et personne d’autre ne la voit, coaguler entre les vagues dorées.

 

Golden lake

 

Outre lumineuse au fond de l’eau — contenu annule contenant — j’ai oublié les mots de tous ces poissons. Le banc d’argent et d’indécision organisée, petite foule nue du ruisseau, m’a lestée assez pour frustrer l’hameçon de gueule des hommes luminophages.

 

 

Camp fire

 

Je cherche l’imputrescible étincelle, l’odorante cassure dans le faciès. Incarner ou paraître ? Quand la vie coule du flanc, quand le gisement de l’Être conquiert ses gestes ? Quelles postures prend un être qui existe ? L’opulent ondoiement de la végétation émotionnelle défonce-t-il la sécheresse des attentes du milieu ? L’essaim estropié des fausses notions du Moi démontre la nocivité des clôtures culturelles et il ne s’agit pas tant d’initier que d’exhumer, glorifier les balafrés et la démesure de leurs baisers, collisions soyeuses entre la maîtrise des roches et l’électricité. Évacuer le reflet obscène d’une riposte sociale en forme de confession. Invalider la quiétude du mensonge, terreuse entente forcée, échelon blafard du néant roi. Il s’agit de devenir des libre-penseurs du corps, de rejeter la souillure et l’insulte de la norme. Toute prison commence dans un regard sans amour.

 

Prometheus

 

L’étendue sacrée de la face,
posée, verticale, au bout de ce corps
qui semble attendre autant que luire
de trente années de silences
balbutiés dans les fumées d’hiver;
les feux circulaires
— masses carbonées, bois scarabées —
ne cessent d’hésiter entre l’étreinte
et le sommeil.

 

Sphinx on fire

 

Forest fire

 

Être humain, c’est quelquefois savoir bien escalader un rocher. Savoir s’asseoir avec grâce, infiniment petit, et n’être rien pendant que s’activent myriapodes et mouches chromées. L’âme, ainsi brassée par flux et reflux, s’étend naturellement au point de ne vouloir gêner pierre. Être vivant avec délicatesse requiert l’exercice d’une consciente vulnérabilité : sentir sous la paume la chaleur gardée d’une roche encore solaire, voir trembler le petit peuple enchevêtré de bruyère et de myrtilles, saisir le vol étrangement stationnaire de quelqu’oiseau des hauteurs, percevoir les variations violacées du sous-sol d’un coucher de soleil. Sous la peau d’eau, une peinture claire. L’interface du corps, traversé, frôlé, imprégné, interroge l’existant et ses limites propres.

 

Wolf Moon bonfire

 

Black water dog

 

Light

 

Un cercueil de titane, un cercle de titans.
Choisis.